Archives quotidiennes : 28/03/2019

© Les arbres…


Premier jeudi en poésie 28 mars chez

  petit-vieiux-petite-vieille_cs9q9dlrndehr1ntv9vpewty4ha300x251

Durgalola nous demande pour ce Premier jeudi en poésie :

un poème écrit par une poétesse.

Voici pour moi :

Les Arbres

Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

.
Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.

.
Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.

.
Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Renée Vivien (Cendres et Poussières, 1902)

.

Pauline Mary Tarn, alias Renée Vivien, est née le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, relevant à la fois du Parnasse, du Symbolisme, du Préraphaélisme, et du romantisme tardif qu’est le Naturisme à la Belle Époque. Demeurée l’une des grandes icônes du génie féminin à travers les siècles, son oeuvre fait constamment l’objet de nouvelles recherches.
Il existe un prix de poésie en son hommage, le prix Renée-Vivien, décerné annuellement pour honorer un recueil de poésie possédant des affinités thématiques avec la poétesse. De grands noms de la littérature française se sont vus remettre ce prix (Lucie Delarue-Mardrus, Marguerite Yourcenar, etc.).
Une place porte son nom à Paris : place Renée-Vivien, dans le quartier du Marais dans le 3ème arrondissement de la capitale.

copyright